Sommeil 1/2 : comprendre les difficultés d’endormissement

Votre enfant mettait au maximum 10 minutes pour s’endormir. Le rituel était bien rôdé. Et puis, un soir, puis un autre et encore un de plus, le moment du coucher a pris près d’une heure (voire plus…). Il est devenu source de stress et de tensions, aussi bien pour votre enfant que pour vous.

Nos enfants traversent régulièrement des périodes durant lesquelles ils ont du mal à lâcher prise dans le sommeil. Nous allons en parler toute cette semaine sur le blog. Pour commencer, je vous propose d’évoquer les différentes causes possibles de ces difficultés.

# Il est dans une phase d’apprentissage intense :

C’est l’une des grandes causes des problèmes d’endormissement des plus jeunes. Jusqu’à six ans (et plus particulièrement avant trois ans), l’enfant est dans une période où il découvre chaque jour de nouvelles choses. La perception du monde qui l’entoure évolue à mesure qu’il comprend de nouvelles choses et peut générer des angoisses.

Franchir une nouvelle étape au niveau moteur ou langagier lui demande par ailleurs beaucoup d’énergie et génère énormément de frustrations car il n’y arrive pas du premier coup. Il a du mal à lâcher prise et à se dire qu’il pourra réessayer demain.

Dans ces moments, il a souvent besoin d’être accompagné au moment de l’endormissement. On peut lui répéter en boucle des phrases apaisantes : « là, c’est la nuit, tout le monde fait dodo, tu peux lâcher prise » ou simplement fredonner un air très doux et répéter régulièrement « Dodo, dodo, tout va bien, dodo ». Le contact physique peut également l’aider : poser une main sur son ventre, le prendre contre soi.

# La séparation est plus difficile en ce moment :

Une autre cause très fréquente : une difficulté passagère avec la séparation. S’endormir, c’est se séparer momentanément des autres et votre enfant peut avoir plus de difficultés avec cela en ce moment. Cela n’a rien d’anormal. La sécurité affective se construit progressivement dans l’enfance et il y a des périodes où l’enfant a davantage besoin de contact et de proximité pour s’apaiser et se rassurer.

Il y a bien sûr la période classique de l’angoisse de séparation autour de 8-9 mois mais ces moments jalonnent en fait tout le développement de l’enfant. Leurs causes sont plurielles : beaucoup de changements dans son environnement (déménagement, turn-over à la crèche ou à l’école), moins de contact avec vous ces derniers temps.

sDans ces moments, les câlins, les bisous et les mots doux sont le meilleur remède. Votre enfant remplit son réservoir affectif pour se constituer son autonomie par la suite. Au moment du coucher, on peut prendre le temps d’exprimer son amour et de dire que, même lorsqu’il dort, on est là, pas loin dans la maison. On peut aussi s’organiser des petits moments partagés dans la journée (gâteau, activité créative, etc.)

# Il a un trop-plein d’émotions ou de tensions :

Il est également possible que votre enfant vivent des choses qui génèrent beaucoup d’émotions ou de tensions. Un ami qui joue moins avec lui, une remarque d’un adulte qui le préoccupe. Je me souviens d’un petit garçon qui n’arrivait plus à trouver le sommeil depuis que la maîtresse avait corrigé en rouge l’une de ses feuilles de graphisme et d’une petite fille qui ne parvenait plus à s’endormir à l’approche de son anniversaire car on lui avait dit « à quatre ans, on est une grande et on n’a plus de tétine, même pour la nuit ».

Nous pouvons aider nos enfants à exprimer leurs inquiétudes en passant par le jeu : « tiens, tu ne trouves pas que Doudou a l’air un peu triste en ce moment? Tu crois qu’il y a quelque chose qui ne va pas? Et ton petit éléphant : il va bien? » C’est beaucoup plus facile pour eux de verbaliser leurs émotions en passant par un tiers.

# Il est trop fatigué :

Parfois nos enfants n’arrivent pas à s’endormir parce qu’ils sont simplement…trop fatigués! Pour se maintenir éveillés, ils se mettent inconsciemment beaucoup en mouvement, ce qui génère une grande agitation intérieure et les empêche de dormir. Cela arrive aussi quand ils ont été très stimulés durant la journée.

Quand nous sentons qu’ils sont dans un tel état, il ne faut pas hésiter à insister au moment du coucher et à maintenir un contact physique enveloppant pour les aider à lâcher prise. Ils vont certainement pleurer mais ce sont dans ce cas des pleurs de décharge qui leur permettront d’évacuer les tensions. Nous pouvons rester auprès d’eux et leur répéter des phrases apaisantes.

N’hésitez pas à poser des questions ou à partager vos astuces en commentaires! Retrouvez le deuxième volet de la semaine : des livres à lire avec vos enfants s’ils ont du mal à s’endormir.

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